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HTL BIOTECHNOLOGY COMBLE LES RIDES… ET SES ACTIONNAIRES

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Le fabricant breton d’acide hyaluronique a multiplié sa valorisation par 24 en l’espace de seulement 5 ans pour dépasser 1,2 Md€ lors de son troisième LBO finalisé en février par Montagu. Une ascension vertigineuse pour une entreprise industrielle digne des plus belles pépites de la tech…

L’ACIDE HYALURONIQUE est connu pour redonner éclat et jeunesse aux peaux vieillissantes, on soupçonnait moins son effet miraculeux sur la valorisation des entreprises qui en maîtrisent le secret de fabrication. HTL Biotechology fait partie des rares producteurs mondiaux de ce biopolymère entrant dans la composition de soins liftants pour l’effacement des rides, mais aussi en ophtalmologie pour le traitement de la cataracte, ainsi qu’en rhumatologie et dermatologie. La discrète PME bretonne est sortie de l’ombre en fin d’année à l’annonce de son LBO tertiaire avec le fonds anglo-saxon Montagu qui l’a valorisée près de 25 fois son Ebitda 2021 à l’issue d’un process âprement disputé par cinq autres finalistes : trois prestigieux noms du private equity européen Cinven, Eurazeo et Advent, ainsi que deux industriels, le chinois Huadong Medicine et l’américain Ashland.

Une licorne industrielle. De quoi faire jubiler l’heureux gagn  ant, qui convoitait cette pépite industrielle depuis trois ans, prenant le temps de « se faire une conviction » et d’y mettre le prix, comme le souligne sobrement l’associé français de Montagu, Guillaume Jabalot : « HTL incarne toutes les caractéristiques d’une réussite industrielle à la française et correspond parfaitement aux entreprises à fort potentiel et spécialisées en santé au coeur de notre stratégie d’investissement ».

Dans les faits, HTL Biotechnology a eu le parcours exceptionnel d’une licorne, passant en 5 ans d’une valorisation de 50 M€ lors de son LBO primaire avec Naxicap en 2017 à 250 M€ pour son MBO bis avec Bridgepoint 18 mois plus tard, pour s’envoler à plus d’1,2 Md à l’occasion de cette dernière opération. Ces chiffres qui donnent le tournis ont circulé dans la presse financière sans être confirmés par HTL Biotechnology, qui cultive le culte du secret autour de ses agrégats financiers, comme autour de son procédé révolutionnaire de fabrication d’acide hyaluronique à partir de la fermentation de bactéries. Quoi qu’il en soit, il est certain que le MBI de 2017 a eu un effet de boost exceptionnel sur cette entreprise familiale créée dans les années 90 par une pharmacienne, Michèle Ranson, qui l’a cédée à sa fille Sylvie en 2014, laquelle a préféré passer la main à un actionnariat financier et un manager extérieur. Yvon Bastard, ancien CEO du spécialiste de la chimie fine Axyntis, a donc été le manager providentiel pour Naxicap, puis pour Bridgepoint en leur permettant de réaliser une performance de sortie exceptionnelle. D’ailleurs aussi bien Naxicap que le family office Téthys Invest, entré en minoritaire aux côtés de Bridgepoint, ont réinvesti dans ce dernier tour de table, preuve s’il en est de leur confiance inébranlable dans le potentiel de croissance encore immense de la pépite bretonne. L’entrée de Montagu intervient alors qu’HTL connaît un succès international, basé sur sa plateforme de biopolymères innovants de grade pharmaceutique, et notamment d’acide hyaluronique par biofermentation. Depuis 2006, plus de 200 millions de seringues de gel d’acide hyaluronique ont été produites dans le monde grâce à ce procédé, une alternative à l’extraction animale requérant une grande expertise, qu’HTL a su industrialiser. « Notre croissance provient d’une demande toujours plus forte de grands acteurs internationaux pour notre plateforme unique de biopolymères qui propose des solutions innovantes et personnalisables », précise Charles Ruban, directeur général adjoint d’HTL. L’atout concurrentiel de l’industriel français, par rapport à ses concurrents américains ou asiatiques, réside dans la pureté du produit injectable et de grandes possibilités de customisation. HTL a ainsi triplé ses revenus en 10 ans et connaît depuis plusieurs années une croissance à deux chiffres soutenue par un quintuplement de ses capacités de production initiales, l’embauche de plus de 100 nouveaux collaborateurs au cours des trois dernières années, et l’accélération du développement de sa plateforme de R&D. Avant d’acter sa sortie, son ex-actionnaire majoritaire Bridgepoint a d’abord signé un chèque pour la construction d’une nouvelle usine flambant neuve baptisée HTL4 et inaugurée en septembre dernier.

Une usine à 50 M€. Représentant un investissement de plus de 50 M€, cette nouvelle unité représente le plus important investissement jamais réalisé dans le monde pour une unité de production de biopolymères, et devrait permettre à HTL de s’imposer comme le plus grand producteur d’acide hyaluronique de grade pharmaceutique au monde. Dotée de technologies de pointe permettant d’automatiser et de digitaliser différentes parties de la chaîne de production, HTL4 permettra à l’entreprise de multiplier ses capacités de production par 2,3. Mais aussi de réduire son empreinte écologique. L’usine présente par exemple une colonne de distillation avec une efficacité énergétique de 40 % supérieure à celles précédemment utilisées, tandis que ses systèmes de refroidissement et de recyclage d’eau permettent de diminuer de 50 % sa consommation d’eau par unité produite. Ces améliorations s’inscrivent dans une démarche globale de développement durable avec un objectif de diminution de 30 % des émissions de gaz à effet de serre et de 25 % de la consommation d’eau par unité produite d’ici 2025. Enfin, son implantation dans son fief historique à Javené, près de Fougères, en Ille-et-Vilaine, conforte la fibre territoriale de l’entreprise bretonne. « Nous sommes fiers d’avoir fait de notre ancrage local et national en France le réel socle de notre stratégie de développement depuis notre fondation il y a près de 30 ans », a déclaré Yvon Bastard, président-directeur général d’HTL, au moment de l’inauguration de l’usine en septembre 2021. HTL4 viendra s’ajouter aux deux autres infrastructures de production de l’entreprise. « HTL4 nous permettra de sécuriser l’approvisionnement de clients que nous avons actuellement dans plus de 30 pays, tout en accélérant notre croissance internationale dans des marchés tels que les États-Unis ou l’Asie », ajoutait Charles Ruban.

La mise en service d’HTL4 s’ajoute à l’ouverture, en 2018 sur le site de Javené, d’un nouveau laboratoire de recherche & développement également à la pointe de la technologie, HTL3. Celui-ci permet aujourd’hui à HTL de poursuivre, en partenariat avec des institutions académiques de référence, trois axes de recherches : le développement de nouveaux biopolymères, la fonctionnalisation chimique de ces biopolymères et l’exploration de nouvelles applications thérapeutiques en lien avec des domaines d’innovation de rupture tels que la médecine régénérative ou l’ingénierie tissulaire. Dans la foulée, l’industriel s’est également doté d’un incubateur pour prendre des participations minoritaires dans des biotechs innovantes du secteur des biopolymères, soit en tant que fonds d’amorçage, soit en tant qu’investissement de série A. Ce véhicule d’investissement vient de signer sa première prise de participation de l’ordre d’1 M€, à hauteur de 25 % du capital de la biotech nord-américaine GelMedix, qui développe une solution brevetée de traitement instantané de la cornée et de la rétine. « L’innovation est au coeur de l’ADN de HTL, c’est pourquoi nous cherchons à soutenir la médecine de demain en investissant dans des biotechs qui repoussent les limites de l’utilisation des biopolymères dans le secteur médical », a déclaré à cette occasion le DG adjoint d’HTL, Charles Ruban, ancien COO de DBV Technologies, biotech française introduite au Nasdaq. Autant dire qu’on n’a pas fini d’entendre parler de la si secrète PME bretonne…

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